FRANCFORT, ALLEMAGNE / EuroWire / – La Banque centrale européenne a relevé ses taux d'intérêt jeudi pour la première fois depuis 2023. Le Conseil des gouverneurs a augmenté les trois principaux taux directeurs de la BCE de 25 points de base. Le taux de la facilité de dépôt passe à 2,25 %, le taux de refinancement principal à 2,40 % et le taux de la facilité de prêt marginal à 2,65 %. Ces nouveaux taux entreront en vigueur le 17 juin 2026, à l'issue de la réunion de politique monétaire du 11 juin à Francfort.

Cette mesure annule partiellement l'assouplissement monétaire intervenu après le resserrement de 2023. Les données de la BCE montrent que la dernière hausse des taux est intervenue le 20 septembre 2023. À cette date, le taux de dépôt atteignait 4,00 %. La banque centrale a ensuite abaissé ses taux en 2024 et 2025 face au ralentissement de l'inflation. Cette nouvelle décision remet les taux d'intérêt de la zone euro sur une trajectoire ascendante pour la première fois en près de trois ans.
La Banque centrale européenne a imputé cette hausse à la reprise des pressions inflationnistes liées au conflit au Moyen-Orient. Le Conseil des gouverneurs a réaffirmé son engagement à ramener l'inflation à son objectif de 2 % à moyen terme. Les nouvelles projections des services de l'Eurosystème tablent sur une inflation globale de 3,0 % en 2026, de 2,3 % en 2027 et de 2,0 % en 2028.
Les taux augmentent face à l'augmentation des prévisions d'inflation.
Les projections font également état de pressions sur les prix au-delà de l'énergie et de l'alimentation. L'inflation hors de ces postes devrait atteindre 2,5 % en moyenne en 2026 et 2027, puis 2,2 % en 2028. Les services de l'inflation ont revu à la hausse leurs prévisions pour 2026 et 2027 par rapport au mois de mars, invoquant notamment la perspective d'une augmentation des prix de l'énergie et des répercussions plus larges sur l'alimentation, les biens et les services.
Les perspectives de croissance ont été revues à la baisse pour les deux prochaines années. Les services de l'Eurosystème prévoient désormais une croissance économique de 0,8 % pour la zone euro en 2026, de 1,2 % en 2027 et de 1,5 % en 2028. La BCE a indiqué que cette révision à la baisse reflète l'impact plus marqué de la guerre sur les marchés des matières premières, les revenus réels et la confiance. Ces chiffres justifient la décision de politique monétaire dans un contexte de ralentissement de l'activité économique.
La BCE maintient une approche de politique monétaire fondée sur les données
Le Conseil des gouverneurs a indiqué qu'il fonderait ses décisions en matière de taux d'intérêt sur des données économiques et financières. Il a cité les perspectives d'inflation, les risques d'inflation, l'inflation sous-jacente et la transmission de la politique monétaire. Il a également précisé qu'il ne s'était pas engagé sur une trajectoire de taux fixe. Le programme d'achat d'actifs et le programme d'achats d'urgence liés à la pandémie continuent de se réduire à mesure que les titres arrivent à échéance. L'Eurosystème ne réinvestit plus ces remboursements de principal.
La hausse des taux de la BCE affecte une zone monétaire qui partage une seule banque centrale et une même politique monétaire. Le taux de dépôt constitue le principal indicateur de cette politique. Le taux de refinancement principal s'applique aux opérations d'emprunt bancaires courantes. Le taux marginal de prêt couvre les crédits au jour le jour accordés aux banques. Ensemble, ces trois taux définissent le corridor de taux d'intérêt directeur de la banque centrale pour la politique monétaire de la zone euro.
L’article « La BCE relève ses taux face au retour des pressions inflationnistes dans la zone euro » est initialement paru sur London Dawn .
